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Chapitre 1 – 2ème Partie : RETOUR AUX ORIGINES

Par Sébastien Hervé
metalian

CHAPITRE 1 – 2EME PARTIE : RETOUR AUX ORIGINES

 

Berlin le 13 Octobre 2006 – 7:00 

Le temps passe vite. Déjà une demi-heure que je cogite sur moi-même et sur mes sempiternelles remises en question. Mon corps avance seul dans ce dédale de rues. Je réalise encore une fois que lorsque mes pensées envahissent mon esprit, je suis en pilote automatique. Mon âme survit. Mon corps, en revanche, est tel un pantin qui se dirige au gré du vent dans cette ville que j’ai appris à maîtriser. La situation est plutôt comique. Je n’avais même pas réalisé que mon corps m’avait porté à plus d’un kilomètre de ma station de métro habituelle. Ce n’est pas grave. La prochaine est à quelques minutes à pied. Au pire, je vais devoir me farcir un arrêt de plus. Nous ne sommes plus à ça près.

Je n’aimais pas trop ce quartier de Kreuzberg au départ. Comparé au cliché des villes allemandes propres et structurées, cet endroit fait office de sacré bordel. Mais si j’analyse ce que je suis devenu depuis quelques années, ce n’est pas à moi de parler de structure. Kreuzberg est fascinant pour plusieurs raisons : c’est un quartier non conventionnel où le temps semble s’arrêter le soir. Les fêtards de toutes origines se croisent ici dans ce melting-pot mélangeant saveurs gastronomiques, alcool et musiques alternatives. C’est souvent ici que je viens sacrifier mon corps dans ces nuits interminables de débauche et de consommation excessive. Je suis tellement habitué à m’auto-détruire à coup de shots, de whisky pur sur son lit de glaçons et de bières à 10 degrés, que mon corps commence a être immunisé. Je ne titube même plus. Essayer de rester digne est tout ce qu’il me reste. Je déambule la dernière rue qui me sépare de la station la plus proche. Une rue qui a vécu une sacrée soirée de débauche elle aussi (les détritus présents sur le sol et les nouveaux tags que je n’avais pas aperçus la veille suffisent à décrire la situation). Mais bon, après tout, c’est un quartier “vivant” que la population s’est approprié. Me voilà enfin arrivé à ma station de métro. Je me prépare à descendre les escaliers me menant à la ligne U bahn 6, direction Köpenick. Quarante cinq minutes de trajet et deux changements de lignes plus tard, me voilà arrivé à destination. Köpenick, le quartier “vert” de Berlin. Ces forêts et ces lacs entourant mon lieu de résidence m’ont permis d’en faire une sorte de petit oasis. Un cercle protecteur dans cette anarchie citadine. Après quelques minutes de marche depuis la station, me voilà enfin arrivé devant mes appartements : Une maison un peu rustique dans cette rue calme de l’est de la ville. Je loue cet endroit en WG (Wohngemeinschaft) avec trois autres colocataires.

Alors que je cherche mes clés, je remarque un reflet inhabituel sur la fenêtre de la porte d’entrée. En me retournant, je réalise que ce reflet provient d’ une trace violette suspendue dans l’air. Ce n’est pourtant pas le reflet d’un arc en ciel. C’est un motif violet, vif, agressif. On dirait une sorte de traînée. J’essaye de m’en rapprocher par curiosité, mais cette trace finit par disparaître en quelques secondes. Je suis intrigué par cet événement. Est-ce un effet d’optique ? Suis-je entrain de vivre une sorte de trip psychédélique décalé induit par l’alcool ? Je préfère ne pas y penser au moment ou je me décide finalement à rentrer dans mon cocon, mon “home-sweet home” ! De toute manière, je suis tellement épuisé que mon cerveau n’est plus capable d’analyser quoique ce soit pour le moment. C’est parti pour une longue nuit de récupération, qui verra le taux d’alcool contenu dans mes veines diminuer progressivement. Encore une fois, je vais me remettre sur pied. Cette mascarade de vie va-t-elle durer encore longtemps ?

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