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Chapitre 2 – 1ère Partie

Ecrit par Sébastien Hervé 21 octobre 2017
Chapitre 2 – 1ère Partie

Berlin, le 13 octobre 2006 – 21:00

“Timo, schnell bitte ! Sie warten auf uns”, me dit Annika d’un air pressé.

–  Ja, warte mal. wir haben noch zeit ! lui répond-je pour la tempérer.

– Je sais bien mais tu te traînes ce soir !

Aussi excitée qu’une Japonaise à l’ouverture des soldes. Annika a envie d’en découdre avec les festivités. Elle n’a décidément pas choisi la facilité. Une heure de métro direction le quartier d’Alt Tegel, un coin très pittoresque de la ville. Si je n’étais pas Allemand, j’utiliserais cette partie de la cité pour promouvoir la culture Germanique, sans aucun doute! Ces rues pavées et ces maisons typiquement teutonnes qui semblent me dérouler le tapis rouge ne suffisent pas à me procurer la même excitation que ma compère.

“C’est Là, Hax’nHaus !” me dit-elle en me montrant notre nouveau quartier général du doigt.

J’aperçois un drapeau Allemand sur la façade du bar. Heureusement que les bien-pensants ne sont pas de sortie. Ils seraient bien capables de fliquer ce lieu et les poursuivre pour patriotisme aggravé. Il n’y a pas grand monde ce soir. Après tout, c’est mercredi. A force d’avoir des journées si “remplies”, je ne me rends plus compte des jours qui s’égrainent inlassablement, réduisant sans cesse mon champ d’action. Annika est déjà rentrée à l’intérieur. Je décide de m’allumer une cigarette pour me détendre un peu. Après cette pause gustative, je décide d’entrer timidement dans ce nouveau lieu de débauche alcoolisé.

“Timo, wir sind hier !” me signale Olivier qui a déjà commencé le gros oeuvre. Soudain, je me mets à sursauter. C’est Kayla. Elle a voulu me surprendre. Elle sait que je ne suis pas tactile et en a profité pour m’interpeller par derrière d’une tape dans le dos. Si les plafonds du bar n’étaient pas si hauts, j’aurais frôlé le traumatisme crânien.

も ちゃん こんばんわ”me dit-elle fièrement. Comme pour montrer qu’elle progresse en Nippon.

– Préviens quand tu arrives ! lui répond-je, énervé d’avoir encore été pris par surprise.

– Ne le prend pas comme ça ! Je suis content de te voir. Viens t’asseoir avec nous et arrête de marmonner dans ta barbe.

Acquiesçant d’un signe de la tête, je décide de les suivre. Après qu’Olivier m’ait demandé ce que je voulais boire, je décide de prendre le coin de table qu’on m’a gentiment réservé. Tout comme Annika, Olivier et Kayla sont mes deux autres colocataires. Kayla est une franco-marocaine de 22 ans originaire de La Roche sur Yon, petite ville de l’Ouest de la France. Elle a débarqué dans la capitale sans parler un seul mot de la langue de Goethe. Passionnée Egalement par le Japon, elle a réussi, en a peine 6 mois, à parler ces deux langues de manière tout à fait remarquable. Elle commence à devenir une vraie polyglotte. Je me demande comment elle a pu faire pour réussir à apprendre si vite. Je pense que c’est un vrai mystère, tout comme elle d’ailleurs. Je ne sais pas grand chose sur sa personne. A part ses petites taquineries habituelles, elle est plutôt silencieuse et ne fait pas de vagues. Toujours disponible et très respectueuse de ses colocataires, je n’ai pas à me plaindre de son comportement. Je peux dire la même chose d’Olivier. Il a 26 ans et vient de Kinshasa au Congo. C’est le personnage le plus haut en couleur de l’équipe. Il était le premier arrivé dans notre appartement. Contrairement à Kayla, son niveau d’Allemand est approximatif. Sa gaieté et sa joie de vivre sont très communicatifs. Il est parfois un peu bruyant et ses goûts musicaux ont du mal à passer dans notre chambrée. Il essaye, en vain, de nous faire découvrir les musiques qui le font vibrer. On apprécie le geste, même si mon ADN de Métalleux à du mal à s’adapter à ses sonorités loufoques. Peut être que c’est mon sectarisme qui s’exprime. Bref, malgré ces maigres différences, sa présence et son positivisme sont des alliés indispensables pour pallier à ma déprime quotidienne.

Haruka, on est là !” Vocifère Annika en me faisant perdre 25% de mon audition par la même occasion. Le fait qu’elle utilise la langue Française pour appeler son amie ne change en rien cette agression auditive que je viens de subir à l’instant.

Est-ce une nouvelle colocataire ? je ne l’ai encore jamais vue se joindre à nous. Ce n’est pas une problème. Comme dirait le proverbe, plus on est de fous…

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