Accueil Entre réalité et Fiction CHAPITRE 2 – 3EME PARTIE : REVEIL DIFFICILE

CHAPITRE 2 – 3EME PARTIE : REVEIL DIFFICILE

Par Sébastien Hervé
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CHAPITRE 2 – 3EME PARTIE : REVEIL DIFFICILE

 

Berlin, le 13 Octobre 2006 – 23:00

“Hab ich was Verpasst?” me demande Kayla en déboulant comme une furie après une heure d’absence.

-Nein! Nicht wirklich! lui répond-je avec une distance qui n’a d’égal que mon sarcasme. Il faut dire qu’elle a loupé le sauvetage du siècle. Tout en lui demandant les raisons de sa passion pour les sanitaires Berlinois, je lui explique le moment d’anthologie que tout la ville vient de vivre : le déraillement du train, sa collision avec les voitures environnantes, l’absence totale de victimes. Les passagers qui se sont retrouvés comme par magie en sécurité quelques secondes avant l’impact…

-Sérieusement, arrête l’alcool ! Et surtout, arrête aussi tes jeux, la science-fiction et tout ce qui va avec. Ca te monte à la tête! me répond Kayla l’air désabusée.

それは真実だ ! ( Tiens, Haruka vient me prêter main forte)

Après s’être entretenue avec la “fine” équipe, notre compère blasée accepte finalement ses torts. Je ne suis pas fou. La prochaine fois, elle passera moins de temps enfermée dans les toilettes. Cela lui évitera de mettre en doute ma parole, et de la noyer dans l’alcool que j’ingurgite tous les soirs. Même si, je l’avoue, ces litres de bière et de whisky qui remplissent chaque nuit mon estomac et se conjuguent à ma composition sanguine, ont mis à mal ma crédibilité sérieusement entachée par mon mode de vie.

 

Berlin, le 13 Octobre 2006 – 01 : 00

Encore un retour houleux vers  mon domicile. On continue cette sempiternelle répétition d’un “jour sans fin”. Mes amis ont décidé de rentrer il y’a un peu plus de trente minutes. J’ai voulu prolonger un peu les festivités de mon côté pour pouvoir prendre l’air et rentrer tranquillement. Je suis comme un loup solitaire qui prend ponctuellement rendez-vous en tête à tête avec la lune. Il me reste encore dix minutes de marche avant de rejoindre mon quartier. Alors que j’aperçois ma maison au loin, je décide de rebrousser chemin. Une force inexplicable me pousse à  retourner sur les lieux que j’ai visionnés à la télévision quelques heures plus tôt. J’ai besoin d’aller sur les lieux du miracle.

 

Berlin, le 13 Octobre 2006 – 01 : 30

Il était trop tard pour prendre un train vers Berlin Spandau, le lieu où cet événement s’est déroulé tout à l’heure. Après une petite demi-heure de trajet et une quarantaine d’euros en moins dans ma bourse, me voila face à face avec les lieux du drame. Pourquoi ai-je voulu venir ici? Au fond de moi, je sais pourquoi : cette aura violette, la même que j’avais entraperçue devant chez moi la veille. C’est comme si j’étais irrémédiablement attirée par cette composition visuelle illuminant mon enfer. Une note claire dans la symphonie noire de ma vie. Sans me faire trop d’illusions, je déambule dans la rue qui jouxte le passage à niveau, en espérant y trouver des indices. Je me fais honte. Est-ce que je poursuis un rêve éveillé? Suis-je en recherche d’un peu de piment dans ma vie si morne? Après plusieurs minutes d’inspection, je décide d’abandonner ma “quête”, en me disant que je ferais mieux de faire plutôt de l’INTRO-spection sur ma personne. Après avoir dépensé ces quarante euros et perdu un peu de dignité, je décide de monter à nouveau dans le taxi qui m’a sagement attendu pendant que j’assouvissais mes périples nocturnes. La note va encore être salée.

Sur le chemin dur retour, je me perds à nouveau dans mes pensées, en me demandant ce que je cherche réellement. Est-ce un mirage, un espoir? Est-ce une manière de donner un sens à ma vie? J’ai à peine le temps de me poser cette dernière question. Mon sang ne fait qu’un tour. J’ose à peine regarder dans le rétroviseur. Je la ressens. Cette énergie si puissante. Cette couleur si vive et si attirante. J’ai l’impression que la voiture est entourée par un halo de lumière. Soudain, tout s’arrête. L’obscurité est de retour. Le retour à la réalité est brutal.

– Gardez la monnaie! Merci, et bonne soirée!

Je décide de prendre congé du conducteur qui me laisse au beau milieu de nulle part. Désormais, je suis seul avec moi-même. Seul avec moi-même ? Pas si sûr! La main qui vient  de se poser doucement sur mon épaule me prouve que j’ai bien fait de descendre de la voiture. 1.2.3… Je me retourne!

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