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CHAPITRE 3 – 1ERE PARTIE

Ecrit par Sébastien Hervé 6 février 2018
CHAPITRE 3 – 1ERE PARTIE

Berlin, le 13 Octobre 2006 – 01 : 30

J’ai du mal à voir clairement son visage alors que je viens instantanément de me retourner suite à la main qu’elle avait posée sur mon épaule. Est-ce comme un signe d’affection? Ou bien, est-ce un pacte de non agression? Je dis “elle,” car sa silhouette parait très féminine. J’ai du mal à la distinguer. C’est comme si tout son corps tremblait, ce qui crée une illusion de flou optique. J’esquisse un petit sourire du coin de la lèvre en me disant que l’image qu’elle me renvoie ressemble un peu à ce que l’on expérimente en regardant certaines chaines cryptées du câble. Au moins, il y’a du progrès! Elle ne m’accueille plus en me laissant pour seul compagnon que ses vulgaires résidus violets. Je me sens très intimidé. Malgré le fait que j’ai du mal à la visualiser, je sens qu’elle me scrute de haut en bas. Qu’est ce qu’ elle peut me vouloir? Pourquoi moi?

Ces derniers jours, je m’étais réconforté en me disant que ces “pseudo” hallucinations n’étaient peut-être qu’un simple signal déformé par mon cerveau, ce qui créait ce genre de dérives visuelles. Le bulletin d’information que j’ai vu tout à l’heure avec les autres change tout. Elle a beau avoir une apparence iconique, elle est bien réelle. Elle se rapproche de moi de plus en plus. Seulement quelques centimètres nous séparent. Elle me tend la main. Je me demande bien quel message elle veut me faire passer. Soudain, sa main s’ouvre délicatement. Sa paume renferme un objet très particulier. Une espèce de pierre bleue nuit brillante, aveuglante. J’en ai vu des caillasses dans ma vie, mais celle-ci semble presque provenir d’une autre planète, tellement elle est singulière. Je sursaute! Elle prend ma main pour y glisser cette fameuse pierre. Sans rien dire de plus, elle me tourne le dos et commence à disparaître dans la nuit noire. Avant même qu’elle ait le temps de sortir de mon champ de vision, je l’interpelle violemment.
<< Kayla, je sais que c’est toi ! >> lui dis-je dans sa langue natale.
Il faut dire qu’elle prend les gens pour des cons. Elle connait mon intérêt pour la science-fiction, le paranormal et à peu près toutes mes autres lubies. L’alcool fait parler. Elle croyait sérieusement que les justifications sur son absence survenue quelques minutes avant le bulletin d’information allaient fonctionner avec moi ? Je suis peut-être enfermé dans un monde de chimères, mais ça m’ouvre aussi l’esprit sur beaucoup de choses.

Elle se retourne à nouveau vers moi. Ce flou crypté qu’elle avait mis en place se libère peu à peu. C’est comme-ci elle avait changé de fréquence pour s’adapter à la mienne. Je la visualise enfin à 100%. J’ai à peine le temps d’admirer ce qui lui sert d’uniforme (plutôt classe d’ailleurs) que sa main commence à se diriger lentement vers sa ceinture. Son index fait une brève pression vers le centre de celle-ci. Etant observateur, je constate qu’elle dispose elle aussi d’une sorte de pierre brillante à l’endroit où elle vient de poser son doigt. J’ai à peine le temps d’y réfléchir que son masque noir et sombre commence à s’éclaircir, puis à se volatiliser pour faire apparaître son visage. Un visage que je connais très bien.
<<  J’avais raison! >>, lui dis-je en bombant le torse.
– tu es un peu long à la détente, me répond-elle avec un sourire en coin.
Le sol commence à trembler. Je regarde  Kayla comme pour lui faire comprendre que la situation dans laquelle nous sommes est peu conventionnelle.
<< Tu t’y feras, ne t’inquiète pas ! >> me dit-elle avec sa fausse compassion.

Le sol continue de trembler. C’est elle qui fait ça. Ses jambes ont l’air de se plier. Est-elle entrain de prendre son élan ? J’ai à peine le temps de réagir qu’elle se redresse instantanément pour s’envoler dans la nuit noire.
Kayla et la communication, deux termes diamétralement opposés. C’est ce que je me dis en repartant seul vers l’arrêt de métro le plus proche. Une journée normale à Berlin. Vu la puissance qu’elle semble dégager, elle aurait pu au moins m’offrir un tour gratuit vers mes “appartements”. Super-héros ou pas, ces français sont vraiment sans gêne. Je rigole tout seul. Çà fait un bail que je n’avais pas souri naturellement. A croire que ce que je viens de voir vient de provoquer un déclic chez moi. Affaire à suivre. Surpris ou choqué par tout ce que je viens de vivre ? Non ! J’ai appris à croire aux choses les plus farfelues depuis bien longtemps.

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