Accueil Entre réalité et Fiction CHAPITRE 3 – 3EME PARTIE. KAYLA S’EN MELE

CHAPITRE 3 – 3EME PARTIE. KAYLA S’EN MELE

Par Sébastien Hervé
CHAPITRE 3 – 3EME PARTIE. KAYLA S’EN MELE

Chapitre 3-Partie 3 : Kayla s’en mêle.

 

Berlin, Le 13 Octobre 2006 – 9H30

Cela fait bientôt une heure trente que Kayla et moi nous trouvons dans ce petit café qui jouxte ma rue. Une sorte de petit café assez pittoresque. Avec ses vieilles décorations stylisées années 60, ses tourne disques, ses longues piles de trentre-trois tours, ses posters de légendes aujourd’hui déchues : on se croirait de retour au temps des années folles. Ce qui est un peu risible sachant que dans les 60, une moitié de Berlin était un petit peu coupée du monde. Et comme ici, nous sommes techniquement en Ex -RDA…

<<Timo, Tu me le dis si je te dérange>>, me dit une Kayla légèrement irritée.

– Désolé, j’étais un peu perdu dans mes pensées. Lui répond-je un peu désabusé. Il faut dire que j’ai du mal à encaisser tout ce qu’elle essaye de me raconter depuis tout à l’heure.

– Il faudrait déjà que tu m’écoutes, tout simplement ! Me dit-elle à nouveau pour me faire sortir de ma léthargie matinale.

-Sérieusement, tu sais que je ne suis pas du matin ! En fait je n’ai pas pu me concentrer une seule seconde sur ce que tu m’a dit depuis tout à l’heure. C’est contre productif de m’escorter à te suivre vu le contexte actuel, lui dis-je pour me justifier.

– On va essayer de faire court et simple. Pour les modalités, on a qu’à remettre ça à ce soir, autour d’une bonne bière. Il n’y a qu’avec ça que tu arrive à fonctionner de toute façon ! Me répond-elle l’air résignée.

– Vas- y, je t’écoute ! Lui dis-je l’air hâtif, comme pour me débarrasser de cette purge verbale.

– Ce que je suis, ces « capacités » que je possède, je n’aurais pas pris le risque de me mettre à nu devant toi si je n’étais pas convaincu qu’au fond de toi, tu possèdes le même patrimoine génétique. Toutes ces choses dont je fais allusion sont sûrement enfouies sous tes trois litres d’alcool quotidiens, me dit-elle sur un ton accusateur.

– Bref, on en reparlera ce soir ! Lui dis-je sèchement avant de prendre congé d’elle et en la snobant sans aucun état d’âme.

A mesure que je m’éloigne du café où s’est déroulé la « réunion de crise », je ne peux m’empêcher de repenser à tout ce que j’ai vécu ces derniers temps. Tout paraît surréaliste. J’ai encore besoin d’un peu de sommeil. Dans quelques heures, mon esprit sera peut-être enfin ouvert au dialogue. Suffisamment pour pouvoir digérer un autre méli-mélo de contradictions. Ne suis-je pas moi-même une contradiction ?

Toutes ces sensations que je ressens ces derniers temps, cette envie soudaine d’avoir voulu découvrir se qui se tramait dans cette ville hier soir, ces pseudo-rêves prémonitoires… Il y’a quelque chose en moi qui demande à être « expulsé » depuis bien trop longtemps.

Feindre l’indifférence face à ce que Kayla m’annonce, c’est peut être une manière de me protéger face à une réalité beaucoup moins cartésienne que ce que mon cerveau veut accepter. C’est cette dualité à laquelle je fais face depuis bien trop longtemps. Ce désir de vouloir laisser mon esprit au repos, sur le plancher des vaches (lui aussi). Mais en même temps, j’ai toujours voulu voir au delà de la seule réalité tangible que perçoit mon cerveau. Cette réalité superficielle qui me servait bien trop souvent de barrière de protection pour me dédouaner de mes responsabilités. Ma fuite matinale me prouve encore une fois que Kayla a peut-être raison.

Soudain, alors que je vois ma silhouette à travers le miroir tamisé d’une boulangerie artisanale, un évènement particulier me fait-alors sursauter d’un coup sec. Mais qu’est-ce qui se passe avec mes yeux ? D’ordinaire marrons foncés, ils ont pris une couleur bleue fluorescente.

Je suis sous le choc. Je deviens fou, ce n’est pas possible ! Qu’est ce qui m’arrive ? Je vais finir par péter les plombs si ça continue, en particulier dans un contexte comme celui-ci.

<< Ne t’inquiète pas Timo, ça s’apelle l’acceptation ! >> me dit-Kayla qui me suivait en fourbe.

En fait, je pense que l’on va peut-être rebrousser chemin. Je vais ravaler ma fierté et saisir la perche qu’elle vient de me tendre, sinon c’est la noyade assurée.

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