Accueil Entre réalité et Fiction CHAPITRE 4 – PARTIE 2 : LE FOND DU GOUFFRE

CHAPITRE 4 – PARTIE 2 : LE FOND DU GOUFFRE

Par Sébastien Hervé
CHAPITRE 4 – PARTIE 2 : LE FOND DU GOUFFRE

Chapitre 4 – Partie 2 : Le Fond Du Gouffre.

 

Berlin, Le 13 Octobre 2006 – 23H30

Je reprends mon calme après une explication « houleuse » avec Kayla. Tout ça sous les yeux ébahis de Stéfanie qui ne comprend rien à tout ce charabia. Les mots codés qu’utilisent ma « pseudo » mentor ont plutôt tendance à la déstabiliser. Elle ne veut pas la mettre dans la confidence après tout.

« Je vais vous laisser terminer votre discussion tranquillement… Si on me cherche, je vais boire un verre avec Olivier au QG habituel.», nous dit Stéphanie, espérant qu’un nouveau face à face sans elle arrangera un peu les choses. Kayla lui esquisse un sourire bienveillant.Alors que son regard se tourne à nouveau vers moi, je décide de lui épargner sa salive.

– Kayla, on va faire court ! Je n’ai pas besoin de ce ton accusateur, je n’ai pas besoin non plus de tes leçons de morale sur mon mode de vie destructeur. J’ai tout à fait conscience du merdier dans lequel je suis fourré. Mais je n’ai pas besoin de ton avis ou de tes remarques. Je pense que j’ai surtout besoin de partir une semaine dans ma ville natale, à Rostock. J’ai des choses à mettre au point . Je te demande de ne pas me contacter.

-Et l’université ? Me rétorque Kayla, passée maître pour me mettre des bâtons dans les roues.

– Comme tu dis, c’est l’université…Je n’ai pas d’examens ni de projets particuliers en cours. Je pense que l’université pourra survivre sans moi, lui répond-je d’un ton sarcastique. J’ai conscience qu’il est important que je maîtrise mes supposés « dons » pour pouvoir vivre sereinement, pour apporter ma pierre à l’édifice. Mais c’est justement à cause de cet état que je ne peux pas être crédible en ce moment. J’ai besoin de savoir où j’en suis. Je ressens le besoin d’avoir certaines réponses par rapport à des choses que tu connais pas.

Je m’imaginais déjà Kayla entrain de contre-attaquer en détruisant par ses mots à l’arsenic, mon escapade « psy » dans le nord de l’Allemagne. Rien de tout cela.

– J’ai peut-être été trop dure avec toi, me répond-elle contre toute attente. Je me rend compte que, peu importe les raisons, brusquer une âme perturbée ne peut créer que des complications. Je ne connais pas ton passé, ni les raisons de ton mal être actuel. Mais si tu penses que ce petit séjour te fera du bien, je ne t’importunerai pas. On prend les choses en main pendant ton absence, ne t’inquiète pas.

– C’est qui ce « on », lui dis-je l’air un peu perdu ?

– Tu aurais pu le savoir dès ce soir. Ca y-est, elle recommence avec ses petits pics. Mais ne t’inquiète pas, chaque chose en son temps. Tu as raison, tu as besoin de digérer toutes ces choses. Tu as un bon fond et j’espère que tu retrouveras un peu le sourire à ton retour,conclut-elle sur un sourire.

Elle finit par s’éclipser en quittant l’appartement et en me laissant face à mes responsabilités. Je ne m’attendais pas au final à tant de compréhension de sa part. Je l’ai peut-être mal jugée. En attendant, j’ai quelques bagages à préparer. Je partirai dès demain matin. Espérons que ce périple saura atténuer mes pensées négatives et mon refus d’assumer ma propre vie.

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire