Accueil Entre réalité et Fiction Chapitre 1 – 1ère partie

Chapitre 1 – 1ère partie

Par Sébastien Hervé
metalian
 Ce roman est dédié à Hikaru. Bonne lecture à tous.

 

Tokyo, Le 17 Mai 2016, 20H30

Nuit, extérieur, lumières vives, immeubles à perte de vue… Le décor est planté. La flore et la faune humaine se mêlent à l’environnement artificiel qui m’entoure. Ce mix entre technologie et nature n’a pas toujours de bonnes vertus, mais ce soir, l’atmosphère y est presque douce et sensuelle. Au soir de ce 17 mai 2016, je n’oublie pas d’où je viens. Tout ce cheminement personnel, toutes ces épopées, pour atteindre enfin mon objectif.

Non, je n’oublie pas tout le chemin que j’ai parcouru pour en arriver là. Je remercie tous ceux qui ont cru en moi et m’ont permis de devenir la personne que je suis aujourd’hui. Bien sûr, je n’ai pas tout réussi. Il restera toujours à faire. On acquiert constamment de l’expérience. Néanmoins, je me suis promis que plus jamais je ne retomberai dans mes travées. Une ascension à l’image de ma vie : inégale, faite de hauts et de bas, mais que je n’ échangerai malgré tout pour rien au monde. N’est ce pas justement une définition très “rock n’ roll” que de dire que vivre sa vie, c’est avant tout l’aimer furieusement pour ensuite la dégueuler sur le pavé? Une courbe sans cesse changeante, métaphore de mes hésitations et craintes passées. Mais, peu m’importe la manière, tant que j’ai le résultat escompté. L’année qui vient de s’écouler vient de dépasser les frontières du concevable. J’en oublierais presque le fait que je suis déjà à l’aube de mes 31 ans.

Je suis enfin devenu la personne que j’ai toujours rêvé d’être, tout en empochant lors de cette bataille contre moi même un don inestimable. Chacun d’entre nous à son histoire. Mon nom est Timo Weidenfeller. Pour clarifier un peu les choses, retournons plusieurs années en arrière.

 

Berlin, le 13 Octobre 2006, 06H30

La soirée vient enfin de s’achever. Je déambule seul dans les rues encore animées du quartier de Kreuzberg, dans le centre de Berlin. J’attends le métro qui va tout doucement me conduire vers mes quartiers. Même dans mes pensées, j’enjolive encore une fois la réalité. C’est toujours le même rituel. Je n’ai pas dormi de la nuit, me complaisant aux vices les plus extrêmes : La dose d’alcool contenue encore dans mon sang va mettre des heures à s’évacuer naturellement. J’ai beau n’avoir “que” 21 ans, en me regardant devant la vitre d’une boulangerie qui vient d’ouvrir ses portes, je constate à quel point j’ai déjà les cernes marquées par un mode de vie digne de l’un des plus grands thrillers du 20ème siècle.

Je fais peur à voir. Mon visage est le seul témoin d’une fatigue extrême qui me fait comprendre que j’ai depuis longtemps dépassé la zone rouge. En me réfugiant dans ces soirées interminables, j’en oublie qui je suis, ce que suis prédestiné à devenir. Cet échec retentissant est-il le fruit de trop d’espoirs placés en moi? Est-ce pour cela que j’ai pris plaisir à tout foutre en l’air? Vais – je un jour sortir de ce cercle vicieux et m’apporter ce second souffle, ce changement dont j’ai tellement besoin? Pour l’instant, rien de tout cela n’est à l’ordre du jour. Je suis et reste prisonnier d’un état que j’ai moi même artificiellement créé, témoignage d’une vie instable, perturbée par divers événements qui m’ont propulsé un peu plus au fond du trou. Cette addition de causes créant en moi cet irrémédiable désir de me réfugier dans l’addiction la plus totale. Toujours cette répétition, cet enchaînement de situations que je ne contrôle pas vraiment. Puis, ensuite, arrive la colère, l’incompréhension et la résignation, la remotivation et la rechute. C’est comme si ce fameux cercle vicieux était presque visible à l’œil nu.

Enfermé dans une prison mentale depuis des années, je reprends mon souffle une fois de plus pour “survivre” et rentrer chez moi l’esprit rassuré. Tout ira mieux demain. Tout est toujours censé aller mieux le lendemain n’est ce pas? je me mens à moi-même, comme d’habitude, refusant de voir la réalité en face.

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