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La France vit-elle sur les vestiges de sa dynastie ?

Par Sébastien Hervé
la grande illusion

Tout est dans le titre. C’est à la fois un questionnement philosophique et sociétal. La France, pays reconnu dans le monde entier pour son exception culturelle à tendance à se reposer sur les lauriers de sa gloire d’antan. Bien sûr, notre pays jouit encore aujourd’hui d’un fort potentiel. Les habitants de notre hexagone et la diaspora française à l’étranger contribuent, grâce a leur savoir faire, à faire perdurer ce mythe. Malheureusement, le passé de notre pays montre que son point faible est avant tout son incapacité à se remettre en question et à sans cesse se renouveler. Une erreur cruciale dans un monde qui ne cesse de se métamorphoser. Pour analyser ce talon d’Achille, bien de chez nous, il  suffit de remonter le temps.

En effet, on peut prendre comme première référence l’invasion de la Gaule par Jules César. A cette époque, qui remonte aux environs du deuxième siècle avant J.C., tout le pays est annexé progressivement par l’empire Romain qui en est a son apogée. Toute? oui…Goscinny et Uderzo n’avaient encore pas créé notre héros au casque ailé et son comparse bedonnant. A cette époque, on avait déjà des éléments de réponse quant à cette faiblesse à créer une réelle unité pour rivaliser avec l’ennemi transalpin. Ce n’est pas que les Gaulois n’étaient pas capables de faire face à cette invasion. Le siège de Gergovie, ( 52 avant J.C.) l’atteste. Cependant, ce succès retentissant contre l’armée Romaine n’est-elle pas une des raisons qui a propulsé les Gaulois vers la chute de leur empire ? C’est un fait qui remonte à des millénaires : quand notre pays se retrouve en position de force, il a tendance à mettre le frein à main. On connait la suite.

Retournons vers une période du temps plus proche de la notre : la seconde guerre mondiale. Après la “DER des DER”(1914-1918), la France avait été décimée. Une victoire amère qui, au vu des pertes humaines, avait traumatisé les esprits. Cependant, après cette “victoire”, les Français se sont crus à l’abri, intouchables. On connait aujourd’hui les conséquences de cette attitude.

Vingt et un an plus tard, notre pays connut la plus rapide et la plus expéditive bataille de son histoire. En quelques semaines seulement, les Allemands envahissent l’hexagone et annexent (à nouveau) une grande partie de notre territoire. Nos chers ancêtres se sont présentés face à l’ennemi avec les mêmes armes et les mêmes stratégies pour faire face aux Teutons. Grave erreur quand on sait que, pendant ce temps là, les Germains n’ont cessé de développer leurs technologies pour terminer le travail inachevé en 1918. La suite, on la connait. Inutile de faire un cours d’histoire sur les batailles de France.

Illusion ou évolution, le choix cornélien de notre nation.

Cette manière d’agir, bien de chez nous , est symptomatique. Elle ne se reflète pas que dans l’art de la guerre. En effet, notre patrie bien aimée à une fâcheuse tendance à rester statique et à se sentir à l’abri dès qu’elle connait un certain succès. On peut énumérer toutes les formes d’expression artistiques, culinaires et j’en passe… Notre renommée hors de nos bases ne cesse de nous faire mousser. Face à tant de reconnaissance quant-à la qualité de notre expertise, notre pays peine à se renouveler. Il à cette impression de créer des choses indémodables et indétrônables. Prenons pour exemple notre savoir-faire viticole : il se fait petit à petit doubler par les vins du nouveau monde. Cet exemple est visible dans tous les domaines d’activité où la France excelle : la cuisine, le tourisme, le luxe, l’aéronautique… même si la France reste leader dans ces domaines, elle perd petit à petit de son influence à cause d’une “erreur système” de plus de 2000 ans.

Les Starts-Ups de notre pays sauront-elles nous éviter une décadence programmée ?

Mais, il semble que nous réagissions, par à coups. Quand ce pays s’enfonce profondément dans les abîmes de l’autosatisfaction, il en paye le prix. C’est ce qui explique ses réactions tardives pour rectifier le tir. Un autre exemple symptomatique : nos sempiternelles grèves. Ce sujet a déjà traité le mois dernier (https://laplumebinaire.fr/lettre-aux-syndicats/).

C’est une bonne chose de lutter contre un système inégal et qui protège les plus riches. En revanche, certaines de nos actions coup de poing sont souvent une excuse à vouloir récupérer des avantages dont nous disposions lors des trentes glorieuses. Une période révolue que la population tente de revivre à tout prix, enfermée dans son éternelle nostalgie. Je ne dis pas que les Français ne devraient pas aspirer à un peu plus de décence. Le problème, c’est que ces grèves sont trop souvent limitées à des pans de la société qui souhaitent avant tout penser à leurs propres avantages. Comme lors de l’époque Gauloise, La France est divisée en combattant ses intérêts personnels avant l’intérêt global. C’est ce qui nous empêche de lutter contre le système qui créée les dérives que nous connaissons. Mais, on s’éloigne encore une fois du sujet principal.

Je souhaite finir malgré tout sur une conclusion positive. Malgré cette faiblesse de longue date, nos compatriotes essayent de plus en plus d’innover, de s’émanciper de ce cercle vicieux. A l’heure de l’ultra-technologie, de plus en plus de Start-Ups Françaises ont le vent en poupe. Il y’a une réelle volonté grandissante de changer un modèle en perte de vitesse. On s’expatrie de plus en plus à l’étranger pour apprendre auprès de ceux qui vont nous transmettre de nouveaux savoirs, de nouvelles connaissances. Cette nouvelle humilité fraîchement retrouvée pourra-t-elle nous permettre de continuer à être une nation rayonnante dans le monde entier ? Attendons de voir. Les français sont capables du pire, comme du meilleur. A partir de ce constat, nous sommes libres de choisir notre évolution future, bonne ou mauvaise. Un pays qui regorge à ce point de potentiel a toutes les cartes en mains pour ne pas s’embourber, une fois de plus, dans les sables mouvants de sa propre histoire.

 

Sources :

https://www.letemps.ch/economie/2016/09/22/france-vit-nostalgie-dun-monde-ne-reviendra

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