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Le fair play financier, la blague du siècle ?

Par Sébastien Hervé
Le fair play financier, la blague du siècle ?

C’était la mesure phare voulue par Michel Platini. Elle a été appliquée dès la saison 2014-2015. Cette mesure, censée réguler les dépenses faites par les clubs de Football Européens, peine à convaincre. Certains détracteurs annoncent même qu’elle a favorisé les équipes les plus riches car elle s’attaque aux déficits actuels des clubs du vieux continent. Elle n’est, à priori, pas rétroactive. Dans ce contexte, comment réduire le fossé abyssal qui s’est créé entre un Réal Madrid et une autre formation un peu plus modeste qui joue la Ligue des Champions ?

Depuis 1997 et l’arrêt Bosman qui a définitivement légalisé la possibilité de ne plus être limité par le nombre de joueurs étrangers dans son effectif, le monde du Football a connu sa première grande métamorphose. Une métamorphose qui a progressivement transformé les valeurs et l’essence même de ce sport. Le temps a passé. Cette liberté dans les transactions a créé une véritable hausse du prix des joueurs pour atteindre aujourd’hui les chiffres démesurés que l’on connait. Certaines “stars” du ballon rond sont “bradées” à plus de 100 millions d’euros, sans que grand monde s’insurge de ces chiffres excessifs. N’étant pas économiste, je ne pourrais pas analyser profondément ces bouleversements sur les marchés, ni utiliser des termes savants pour expliquer le pourquoi du comment. En revanche, sans être un fin spécialiste en transactions financières, tout le monde constate que, malgré cette énième mesure émanant des hautes instances sportives, rien n’a changé. Bien au contraire. Les clubs riches sont encore plus riches, et les clubs modestes n’ont pas réussi a rattraper leur retard. Ce fossé a tué le suspens, tué les surprises. On se retrouve avec le même trio (Réal Madrid-Fc Barcelone- Bayern Munich) qui vampirise les finales de la Ligue des Champions. On a le droit aux mêmes matchs, aux mêmes joueurs insupportables qui sont complètement corrompus par leurs salaires. Vivant sous d’autres sphères, ils échouent à faire véritablement rêver leurs fans, devenus blasés par tant de surenchère.

Mais non, ce n’est pas exagéré ! Je les vaux ces cent millions. C’est ma coupe vanille-chocolat qui fait monter les enchères.

Le pire ne réside pas dans cet état de fait. Les choses ont du mal à évoluer car on retrouve de plus en plus de blogueurs, de journalistes ou de fans de Foot qui trouvent le moyen de nous prouver par A + B que ces salaires sont “légitimes”. Ils invoquent le fait que la concurrence, ou encore que le Soccer (comme on l’appelle chez nos amis outre-atlantique), est une entreprise comme une autre. Est-ce autant une raison pour le normaliser? Ce n’est pas parce que quelque chose génère beaucoup d’argent que l’on doit accepter de voir les footeux se pavaner sur les pelouses d’Europe avec des sacs remplis de billets sur le dos. Ces détracteurs invoquent également le fait que ces joueurs ont travaillé très dur pour y arriver et font partie d’une élite en terme de talent et de non renoncement. Il faut valoriser les personnes exceptionnelles. Est-ce pour autant une raison de déstabiliser encore plus le système financier planétaire pour les récompenser ? On va me dire qu’il ne sont pas responsables des dérives de ce système. En revanche, ils en récoltent directement les fruits.

Comment le Football va-t-il évoluer dans les prochaines années ? Impossible de le dire à l’heure actuelle. Ce qui est sûr, c’est qu’un changement drastique doit intervenir pour guérir les spasmes financiers d’un sport qui n’a cessé de se dégrader dans ses valeurs. Il à échoué à être ce que devait être sa fonction première : un catalyseur universel. Partant de constat, il est clair que ce n’est pas en instaurant une loi si hypocrite que l’est le Fair-Play financier que l’on va réussir à assainir les dérives d’un système ayant perdu complètement les pédales. Il est pourtant urgent de rétablir une certaine forme d’éthique pour permettre de rassembler et de fédérer l’essence même de ce qui a donné au ballon rond ses lettres de noblesse : ses supporters !

 

Sources :

http://www.lemonde.fr/sport/article/2010/05/28/l-uefa-adopte-le-fair-play-financier_1364225_3242.html

https://alfange.com/non-footballeurs-ne-payes/

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