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Le politiquement correct, gangraine de notre société ?

Ecrit par Sébastien Hervé 14 octobre 2017
Le politiquement correct, gangraine de notre société ?

Raciste! sexiste! homophobe ! Ces mots résonnent dans notre tête comme un leitmotiv agaçant. Qui n’a pas subi, de près ou de loin, ces accusations expéditives de la part de personnes voulant se faire mousser, sentant déjà qu’une auréole d’ange etait entrain de leur pousser au dessus de la tête. C’est comme ça que beaucoup d’entre nous existent, en s’enfonçant dans une bien-pensance  chevronnée qui au final ne dessert pas le fameux “vivre ensemble”, tant plébiscité par nos politiques. Bien vivre ensemble, c’est une chose. Mais ce n’est pas en s’enfermant dans les carcans du politiquement correct et du racisme positif que notre pays pourra éradiquer les scissions entre les diverses communautés qui composent notre hexagone. Ces comportements provoquent au final l’inverse du but recherché : fédérer les français, peu importe leurs ethnicités, leur religion, leur mode de vie ou leur sexe.

girl power

Le Girl Power, ou comment reproduire en inversé le schéma de domination masculine.

Prenons comme exemple principal, le féminisme. Ce mouvement légitime fondé sur les cendres d’une société patriarcale en perte de vitesse, a commencé à écrire ses lettres de noblesse durant la deuxième moitié du XXème siècle (en ce qui concerne la deuxième vague). Il fallait une cassure dans les foyers, où l’homme était trop souvent cantonné au rôle de chef suprême.  Dans ce microcosme familial, la femme n’avait pas vraiment droit de citer. Elle se trouvait cantonnée à des tâches d’entretien et de soutien familial. Des tâches très importantes, mais qui ne permettaient pas aux femmes de mettre en valeur leur plein potentiel en dehors de leur foyer, ni de s’affranchir d’un modèle qui les contenaient dans une cellule fermée. Les choses ont beaucoup changé en quarante ans. Les femmes peuvent se libérer beaucoup plus facilement de cet échec et mat social. Cependant, les inégalités subsistent au travail. Les relents d’un sexisme existant depuis les débuts de l’humanité provoque toujours les barrières que nous connaissons aujourd’hui. La faute aux hommes qui ne veulent pas lâcher leur bout de gras ? la faute aux féministes qui, à force de fliquer le machisme, décrédibilisent ce mouvement ?  Au final, les deux  sont fautifs. Le harcèlement de rue, les inégalités professionnelles et les violences conjugales continuent d’être des fléaux. Ceux et celles qui prétendent vouloir l’éradiquer ne cessent parfois de partir dans des stéréotypes anti-masculins qui créent de plus en plus de culpabilité, de rage, et d’agacement parmi les “mâles” de notre pays. Les deux camps s’opposent dans une guéguerre bipolaire malsaine qui perdure. Prenons l’exemple de Marion Seclin, une chroniqueuse qui avait publié une vidéo ayant énormément divisé quant-à sa conception du harcèlement. Elle partait d’un constat honnête, mais elle ne défendait pas ses idées de manière rationnelle. Mettre dans le même case les agresseurs, les harceleurs et les personnes beaucoup plus fréquentables recherchant seulement un contact social n’aide pas le mouvement. Sa conception est d’autant plus dangereuse qu’elle à l’air de considérer que pour aborder une personne de la gente féminine, il est strictement interdit d’oser l’approcher à moins de trente mêtres et de lui parler hors des contextes qu’elle a arbitrairement choisis elle-même. La partie respectable des hommes de ce pays doit-elle payer pour les autres ? Pas sûr que son jeu en vaut la chandelle. Je ne vais pourtant pas continuer à la critiquer, certains le font mieux que moi. Son constat sur le harcèlement et  sur le non-respect des femmes est réel. Ce sont ses solutions qui ne le sont pas. Si en amont, la justice faisait déjà son travail pour pénaliser la masse la plus “animale” des hommes, si une éducation plus claire était faite dès l’enfance pour apprendre à nos chers enfants l’égalité (réaliste) entre les sexes, nous n’en serions peut-être pas là. La faute à notre société. La faute aussi à nos chers publicitaires, qui, sans cesse, apprennent aux petites filles que l’amusement, c’est de s’occuper d’une cuisine fictive et d’un bébé en plastique dès le plus jeune âge. Pour en rajouter une couche, d’autres publicitaires dépeignent également les femmes comme des objets de consommation en les mettant dans des contextes de nudité et de fragilité extrêmes. Cette manipulation mentale attaque clairement le cerveau de beaucoup de mes homologues masculins. Ces derniers se sentent légitimes d’aller jusqu’au au bout de leurs démarches de harcèlement malsaines. De là à les excuser ? pas une seule seconde… L’être humain est libre de ses choix et de ses actes. Il est donc seul responsable des conséquences qui en découlent.

Un peu exagéré et simpliste, mais ça reflête bien l’idée…

Parlons maintenant du sacro-saint racisme. Comme vous le savez, notre pays s’est goinfré sur le dos de l’Afrique. Il a pillé ses ressources. Il est donc normal que notre pays subit une immigration massive d’une population qui veut récupérer un peu de décence. On pourrait extrapoler ça à d’autres pays du monde. Bref, concentrons nous sur notre “douce” France. La France, comme pour le reste du monde occidental, a désharmonisé la planète, obligeant des populations entières à trouver refuge ailleurs, notamment chez leurs agresseurs. Dans ce contexte, les Africains et les Nord-Africains de notre pays pour ne citer qu’eux, ont tendance à jouer la carte des éternels opprimés.  Tout cela fait culpabiliser une population qui n’est (en général) pas responsable de leur maux et dont seuls les politiques de pillage successives sont responsables. Dans ce contexte, le mouvement anti-raciste remplace le féminisme. Il prend le relais pour fliquer à chaque coin de rue la moindre phrase qui pourrait être synonyme de non respect des communautés raciales. On n’ose même plus prononcer les termes “noir” ,ou encore, “arabe”. Ce sont pourtant des origines ethniques. La manipulation mentale fonctionne bien. Le résultat est le même que pour le féminisme. Face à ce système de fliquage dictatorial, les caucasiens (peut-on encore seulement  dire les blancs?) de notre pays commencent à ressentir une certaine animosité envers les autres communautés. Les plus fragiles basculeront irrémédiablement dans une haine de l’autre et de ce qui le rend différent. Encore une fois, cette bien-pensance nationale teintée d’hypocrisie va à l’inverse de ce qu’elle prétend combattre. Demandez donc à Willy Sagnol, qui s’est fait lyncher sur sa vision du football il y’a quelques années, ce qu’il en pense.

Gay Pride

Vous avez dit exubérance ?

Et l’homophobie dans tout ça ? tu vas en parler ? même principe ! Même schéma. On flique, on remplace un mouvement anti quelque chose par un autre. On culpabilise. On invente la Gay Pride et son exubérance. On crie les slogans : hétéro c’est rétro etc. Merci les gars, on a conscience que la communauté homosexuelle est persécutée et on aimerait bien nous aussi que ça change. Mais, pour autant, est-ce en survalorisant votre communauté que vous créerez cet électrochoc chez les masses ? c’est un peu comme le Girl Power chez les femmes. A quoi celà sert-il de défendre des injustices en se mettant en position de supériorité?Au final, on en revient à chaque fois au même problème. On veut lutter contre les stéréotypes, mais on en crée de nouveaux, totalement inversés. Le problème, c’est que pour agir sur les injustices, ce procédé n’est pas efficace. L’extrême droite ne s’est jamais aussi bien portée en Europe. Les femmes et les homosexuel(e)s subissent toujours des agressions quotidiennes pour être ce qu’ils et elles sont. Les autres communautés ethniques subissent toujours les mêmes discriminations que dans le passé. Je n’ai encore pas les réponses concrêtes à la question : comment ? Mais je sais que la manière a laquelle on prétend défendre certaines injustices n’est pas compatible avec notre société. On finit par créer une véritable paranoïa communautaire, enfermant encore plus les gens dans leurs croyances et dans la légitimité du bien fondé de leurs pensées, qu’elles soient nauséabondes ou pas. De plus, critiquer le politiquement correct est devenu tellement banal que cela provoque un autre problème de grande envergure : certains se permettent, sous couvert de cette stratégie, de laisser libre court à toutes leurs pulsions de haine raciale, de misogynie et d’homophobie. il est temps que chaque camp se réveille et essaye d’expérimenter l’une des plus grandes vertus qui peut rapporter gros dans ce genre de contexte : la communication.

 

Sources :

 

https://www.youtube.com/watch?v=q_ZUHQFHMBI

http://www.lepoint.fr/sport/football/scandale-autour-des-propos-de-willy-sagnol-sur-le-joueur-typique-africain-04-11-2014-1878770_1858.php

https://weareprolifers.com/societal/feminisme-danger/

https://www.lesechos.fr/01/04/2016/LesEchos/22162-042-ECH_la-bien-pensance-ou-l-aveuglement-democratique.htm

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