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Linkin Park ou l’art de l’autodestruction

Par Sébastien Hervé
Linkin Park

Qui ne connait pas les célèbres californiens? Depuis l’orée des années 2000, ces derniers ont distillé leurs musiques empreintes de Rock Indépendant, de Néo-Métal et d’Electro. Tout ceci saupoudré de passages Hip-Hop dont Mike Shinoda, fer de lance de l’équipe, avait le secret. Qui a oublié la fraîcheur d’un “Hybrid Theory”, ou encore,  la continuité d’un “Météora”, son petit frère à l’époque. On peut mentionner également “Minutes to midnight”, sorti en 2007. Cette galette, résolument moins agressive nous montrait déjà que le groupe souhaitait se renouveler à cette époque. Un choix risqué. Cependant, le succès commercial de cet opus nous apprenait que la mort du groupe était reprogrammée à une date ultérieure.

Difficile de passer de ça…

Et puis, les années ont passé. Continuant dans leur lubie de vouloir expérimenter un maximum de styles musicaux, les Linkin nous ont embarqué dans leur train fantôme. Des mélodies de plus en plus aseptisées, où les guitares et l’ambiance résolument Rocknroll se sont tues pour laisser place à une surenchère d’électro expérimental. A commencer par “A Thousand Suns” en 2010, ou encore “Living things” en 2012, ces deux albums confirmaient l’inexorable descente aux enfers artistique que le groupe faisait subir à leurs fans de la première heure. Deux longues années se sont écoulées avant que Linkin Park, tel un Phoenix, renaisse de ses cendres. Ce fût une surprise de découvrir ‘The Hunting Party” en 2014. Un album qui revenait aux sources du groupe, tout en y intégrant la maturité nécessaire pour nous pondre des titres inspirés d’autres sous genres du métal.

Alors qu’on pensait avoir enfin retrouvé la bande à Chester, ces derniers viennent de nous surprendre une fois de plus avec leur nouvelle galette intitulée “One More Light”, sortie le mois dernier. Après une heure d’écoute ( de souffrance ?), un seul mot me vient à l’esprit : Minable ! Cet album, dont Mike Shinoda chantait les louanges depuis deux ans, se retrouve être une insulte à tous les fans du groupe. Shinoda qui nous faisait lui même une analyse de l’état du Rock en 2014. Un Rock qui, selon lui,  avait perdu ses tripes. Cette dernière galette est une insulte à ses propres propos. on nous distille la même mixture pop générique sur chaque chanson. Pourquoi donc prendre le temps d’analyser un album qui respire la médiocrité et l’opportunisme ? On nous brandit encore la sacro-sainte excuse :  on expérimente de nouvelles choses.

…A ça !

Linkin Park est comme un amour de jeunesse qui a mal tourné . C’est le groupe qui nous a servi de pont vers le Métal. Mais, comme pour toute relation amoureuse, il est dangereux de renouer contact. Il  faut savoir dire adieu. Surtout quand nos chers amis nous souhaitent, eux aussi, une bonne continuation. Le doigt d’honneur qu’ils nous glissent au passage pour nous dire au revoir justifie à lui seul mon manque d’implication dans cette chronique.

NB :  Cet article a été rédigé avant la mort tragique de Chester Bennington. Pour autant, je ne changerai pas ma critique sur cette chronique. L’hypocrisie n’est pas mon truc. Je voulais cependant rendre hommage à celui qui a bercé mon adolescence et ma vie de jeune adulte avec la musique qui reflète le mieux le talent d’un chanteur parti beaucoup trop tôt.

On termine sur une note positive. Adieu Chester ! J’espère que tu trouveras le repos que tu mérites.

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