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Quand je serai grand, je veux être publicitaire !

Par Sébastien Hervé
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Elles sont partout. Elles abîment notre cerveau un peu plus chaque jour. Un cerveau conditionné et adepte de la manipulation mentale. Nos amis qui nous veulent du bien, ce sont les publicitaires. Promouvoir un produit n’est certes pas nouveau. Cependant, l’avènement d’internet, des réseaux sociaux et de toutes les autres formes de communication qui existaient préalablement, permet à la publicité de se constituer des nids de plus en plus nombreux dans nos esprits. Elle nous empêche littéralement d’activer notre libre pensée, notre libre arbitre. Le ton condescendant utilisé généralement dans les slogans qu’on nous martèle chaque jour ne fait qu’amplifier ce phénomène malsain. Un système qui consiste à nous infantiliser pour que le citoyen lambda devienne le petit agneau parfait. Un petit agneau certes, mais féru de consommation massive.

Créer le manque, faire passer des produits superflus pour des “urgences de vie”, créer une sensation d’appartenance… Les subterfuges ne manquent pas pour permettre à nos loups de s’approprier notre esprit et ainsi nous orienter insidieusement vers leurs pièges. Des pièges tissés avec insistance, tant le matraquage de masse est important. Mais c’est le prix à payer pour que l’élevage dont nous sommes le bétail, permette aux publicitaires de récolter le fruit de leur (dur?) labeur. Oui, imaginons donc une de leurs nombreuses journées de “travail”. Accoudées à leur table de réunion, ces grandes têtes pensantes “réfléchissent” à leurs phrases chocs, à leurs devises, à leurs dictons en tous genres pour attirer cette ménagère tant convoitée. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au moment de créer leurs “slogans” si accrocheurs, certains s’étaient déjà écroulés sous dix grammes de cocaïne. J’en veux pour preuve, la manière si  superficielle à laquelle ces publicités nous parlent chaque jour.

Emerveiller le consommateur. Lui vendre du rêve constamment. Rien de nouveau en soi…

Comme le disaient déjà les Inconnus au début des années 90 : “il ne faut pas prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu’ils le sont”. A partir de ce raisonnement et de ce credo, on peut nous pondre les pires formules de propagande. Seule finalité : l’achat compulsif. Et le résultat n’est pas franchement joli. On classifie les gens en catégories : les hommes aiment se raser, mettre de “l’after-shave” et conduire de belles bagnoles. Les femmes aiment passer l’aspirateur et faire la cuisine . Elles aiment attendre le retour de leur mari en se laissant aller à leurs plaisirs vestimentaires. Tout cela en se parfumant à outrance et en utilisant tous les artifices pour se sentir belles et plaire à leurs beaux mâles.  Les enfants, eux aussi, sont divisés en deux catégories : Les garçons aiment jouer à la guerre, aux tanks et aux super-héros. Les filles aiment jouer aux princesses et aux mamans par intérim. Ce n’est pas étonnant qu’en 2017, les clichés qui séparent les deux sexes sévissent toujours autant dans la pensée collective. Merci encore à nos amis les publicitaires d’utiliser les mêmes règles depuis que le monde est monde. Le pire, c’est que les rouages de ce système sont toujours aussi bien huilés. Je me demande toujours comment mes concitoyens peuvent tomber dans des pièges si visibles, tant le danger peut être ressenti à des kilomètres à la ronde. Aucune condescendance de ma part. Aucune volonté de me poser en donneur de leçons. Je n’aimerais pas rentrer dans la case de ceux que je critiquent.

Sous toutes ces montagnes de chiffres et d’offres tous azimuts, il y’a de quoi perdre la tête. 

Tous ces gens qui constituent une majorité de la population tombent dans ces pièges. Moi le premier à l’époque. Suis-je plus intelligent que la masse populaire de notre hexagone? Non ! En revanche, l’esprit est un muscle qu’il faut travailler comme notre corps. A l’époque du tout Fitness, il faudrait peut-être aussi ne pas négliger l’entrainement mental. Celui-ci pourrait bien nous sauver de tous ces stratagèmes mis en place par nos agresseurs. Et à défaut de créer des pubs profondes, ces agresseurs ont des techniques plus ou moins subtiles pour nous faire tomber dans le panneau : images subliminales, affichage massif d’annonces dans les gares et les stations de métro, simulation de fausses pénuries pour raréfier un produit et le rendre indispensable etc. L’avènement de l’internet, qui donne parfois l’illusion de liberté à notre population, est aussi une aubaine pour ces marchands de rêves. Ces derniers aiment Youtube et ses “artistes”  qui les aident à multiplier leurs placements de produits.

A l’heure ou j’écris ces lignes, nous approchons de l’année 2018. Face à une population plus informée et plus méfiante, les publicitaires se sont adaptés aux moyens de communication actuels pour déblatérer les mêmes messages, les mêmes stéréotypes et les mêmes phrases débilitantes. Le seul but étant de subsister et de légitimer la présence des marques qu’ils défendent. Bien sûr, je ne critique pas le fait de promouvoir un produit ou un service. C’est vital pour que notre société subsiste et échange ses “savoir-faire” dans le but d’évoluer. Le problème se pose à partir du moment où ces publicités conditionnent littéralement notre mode de vie, nos choix, nos peurs. A partir de ce moment là, nous ne sommes plus de simples consommateurs. Nous devenons des proies au menu d’un festin concocté par les ogres du profit.

 

Sources :

https://lelephant-larevue.fr/manipulation-et-publicite-des-influences-inconscientes/

https://troublessocietaux.wordpress.com/2011/05/25/la-publicite-un-danger/

http://jetudielacom.com/les-stereotypes-dans-la-pub/

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