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“Spiderman Homecoming”. Fait-on encore les fonds de tiroir ?

Ecrit par Sébastien Hervé 4 novembre 2017
“Spiderman Homecoming”. Fait-on encore les fonds de tiroir ?

Encore un énième Spiderman. encore un énième reboot de la licence. Cette fois-ci, c’est pour s’adapter au monde plus vaste des “Avengers”. Un objectif : Permettre à Spidey, héros à part appartenant à la fois à l’univers Marvel et à Sony, de tisser sa toile avec ses autres potes super-héros. Mais parlons plutôt du film en lui même : vaut-il le coup qu’on s’y attarde ? Doit-on passer son chemin?  Analysons, si vous le voulez bien, cette nouvelle mouture certifiée “Avengers” compatible.

Peter Parker

Il est tout neuf ! Il est tout frais ! Demandez le nouveau Peter Parker

Je vais éviter de révéler ou de trop dévoiler les moments clés du film. Il ne faudrait pas dégoûter ceux qui souhaitent le visionner. Tout d’abord, attardons nous sur l’ambiance générale de ces nouvelles aventures de l’homme-araignée. On dénote une certaine fraîcheur. Pas seulement dans l’ambiance générale et dans le côté très coloré. En effet, L’acteur Tom Holland,  est l’un des principaux investigateurs de ce renouveau. Son talent, son jeune âge et sa fougue le rendent crédible dans le rôle de Peter Parker, l’ado gaffeur, provocateur et idéaliste. Même chose pour son copain Geek, jouant le rôle de Ned (Jacob Batalon). Ce dernier joue beaucoup sur les stéréotypes de l’acolyte du super héros, caché derrière son écran d’ordinateur. Tout ça en exagérant même le concept pour le légitimer. C’est plutôt astucieux.  Parlons aussi de la fameuse tante May, éternelle tutrice de notre cher Peter à travers les âges. Elle est matérialisée cette fois-ci sous les traits de Marisa Tomei. Une tante May beaucoup plus jeune que ses prédécesseurs. La encore, on rajoute de la fraîcheur au titre de Jon Watts. De ce point de vue, il est vrai que le côté un peu plus humoristique et coloré de cet opus peut rebuter certains fans de comics. Mais à l’heure ou les super-héros sont de plus en plus sombres, il est intéressant de valoriser ce contre courant artistique. Parlons maintenant du grand méchant : j’ai nommé, la Vautour ! Incarné par Michael Keaton, il n’y avait pas de meilleur CV possible pour le poste. Son Humanité et son empathie conjuguées à son extrême férocité et son désir de vengeance nous donnent un panel très intéressant du méchant anti-manichéen. La encore, c’est un bon point pour Spiderman Homecoming. De plus, (et c’était la peur de beaucoup d’aficionados du tisseur), son entrée dans l’univers Marvel posait des questionnements quand à l’importance de Tony Stark, alias Iron Man. Les différentes bandes annonces laissaient entrevoir le pire. Pourtant, son intervention est utilisée avec parcimonie, ce qui permet au riche milliardaire de ne pas effacer le protagoniste principal. Ouf, on est sauvés !Spiderman Bateau

Oui ! Spider-Man fait aussi agent de maintenance en marine de plaisance.

Ce dernier redémarrage de la franchise n’est pourtant pas exempt de tout reproche. En effet, le ton trop humoristique dont je faisais mention au début de cet article fait perdre un peu de légitimité au super-héros. Ses gaffes récurrentes, ses chutes constantes (Peter Parker habite ici dans le quartier du Queen’s a New York)… on est loin du héros iconique de la première trilogie de Sam Raimi. Vous savez, celui qui se balançait du haut des grattes ciels. Alors certes, les sempiternelles gaffes du p’tit Peter sont amusantes, drôles, mais on a l’impression qu’il y’a de la surenchère la dessous et ça casse un peu l’idée de départ. Malgré le fait que les bons points dépassent les mauvais (et ce n’était pas gagné) pour cette nouvelle franchise, j’ai du mal a entrevoir l’atmosphère épique que peut nous procurer un Spiderman qui se bat pour la vérité et la justice. Il n’y  pas ce petit frisson que j’ai pu ressentir lors des deux premières trilogies. Je vais mettre cela sur le compte de ma nostalgie personnelle. Un autre point négatif : on n’ assiste pas à tout le rituel de transformation de Peter. Il n’y a pas la fameuse piqûre d’araignée dans le labo, la mort de l’oncle Ben n’est que suggérée etc. Certains penseront que c’est mieux ainsi. Pourtant, ces faits font partie du folklore Spidermanien . On aime revivre ces scènes qui forgent ce que Peter est devenu aujourd’hui.

Au final, on peut dire qu’on est très surpris par la direction très pastellée de cette oeuvre cinématographique. C’est un film très rafraîchissant qui permet (temporairement?) de digérer ce film sans se questionner sur la redondance de Spidey au cinéma depuis le début des années 2000. Le principal protagoniste nous apporte un vent nouveau sur cette série. Il nous offre, lui et son équipe, un vrai divertissement à déguster sans état d’âme. Cependant, le ton trop humoristique décrédibilise un peu le personnage. On a pas vraiment signé pour voir un Mister Bean en collants. On a aussi du mal à le voir exprimer son plein potentiel, celui-ci n’étant qu’au stade préliminaire de son développement. Il peut paraître frustrant de devoir attendre deux ans de plus pour le voir mettre à profit toutes ces capacités. Ou n’est-ce pas justement le but recherché ? Bref, Spiderman Homecoming est ce que je pourrais malgré tout appeler un film qui se laisse regarder. Néanmoins, il n’est pas assez “mémorable” pour justifier une appellation supérieure de ma part.

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