Accueil Chroniques Your Favorite Enemies : L’Ovni Rock Quebecois

Your Favorite Enemies : L’Ovni Rock Quebecois

Ecrit par Sébastien Hervé 19 août 2017
Your Favorite Enemies : L’Ovni Rock Quebecois

Vous vous rappelez du jeu vidéo Final Fantasy Dissidia sur PSP ? sorti en 2008, cet énième oeuvre vidéo-ludique de Square Enix (anciennement Squaresoft) avait défrayé la chronique en proposant un jeu regroupant tous les protagonistes des anciens Final Fantasy dans un jeu orienté action/combat. Si l’on fait référence à ce jeu aujourd’hui, c’est avant tout pour la bande originale composée par Takeharu Ishimoto.  Cette OST avait fait surgir de l’ombre un groupe jusqu’alors presque inconnu : “Your Favorite Enemies”.  Avec leurs trois participations que sont “Cosmos”, “Chaos” et “The Messenger”, nos amis Canadiens s’étaient déjà octroyé la sympathie de l’empire du soleil levant. De là à dire qu’ils étaient totalement inconnus avant 2008 serait leur manquer de respect.  Ce groupe a été créé en 2006. Il avait à son actif leur déjà très solide “Love is a promiss whispering goodbye”. On oublie pas non plus leur album éponyme “and if i was to die in the morning” sorti l’année de leur création. Cet opus s’était vendu à 30 000 copies et amorçait déjà le succès que l’on connait aujourd’hui. Mais au fait, pourquoi les catégoriser d’ovni musical ?

“Dissidia Chaos.” LA chanson qui a fait passer le groupe dans une nouvelle dimension.

Tout d’abord, Le Rock qu’ils distillent est empreint de mélancolie, de poésie, sans oublier d’être revendicatif. Le chanteur du groupe, Alex Foster , tout comme le reste de son crew, est très engagé dans les actions de l’association “Amnesty International” en s’impliquant comme porte parole officiel (pour n’énumérer que cette cause). Pour en revenir à leur musique, La fine équipe composée d’ Alex Foster (chant), de Miss Isabel (claviers et chants), de Sef (Guitare), de Ben Lemelin (Basse), de Charles “Moose” Allicy (Batterie), ou encore de Jeff Beaulieu (Guitare), a un crédo : DIY (Do it yourself). En effet, la marque de Fabrique de YFE est de tout faire par eux-mêmes, de l’enregistrement aux tournées. Un fait plutôt rare pour être souligné. C’est grâce à ce mode de fonctionnement que les natifs de Drummondville ont gravi les échelons sur la scène rock internationale.En enchaînant les tournées en Europe, des villes comme Londres, Paris, Cologne ou Berlin deviennent leur terrain de jeu. Mais le succès retentissant des cinq Canadiens ne s’arrête par là. Forts de leur impact en Asie en 2008, les cinq membres effectuent leur première tournée au Japon dans des villes comme Tokyo, Osaka, ou encore Nagoya, aux côtés de Simple Plan. Ce changement de sphère explique probablement pourquoi Takeharu Ishimoto a été séduit par cette progression et a voulu solliciter cette collaboration pour son jeu PSP.

“Open Your Eyes.” Le grand classique !

Par la suite, tout s’accélère. En 2009, Le groupe fait l’acquisition d’une église catholique qu’ils transforment en studio d’enregistrement. En 2010, ils créent Blablabla : the live show, une émission diffusée sur le web. Elle est censée donner des nouvelles du groupes sur leur vie quotidienne et les projets musicaux en cours. En 2011, l’Asie leur tend à nouveau les bras. Cette fois-ci, c’est une tournée Chinoise qui est à l’honneur. Le temps passe. Nous sommes à l’orée des années 2010 et les projets foisonnent. Début 2012, le quintet débute la production d’un album acoustique intitulé “Vague Souvenir”. L’album contient 14 chansons exclusives qui incluent de la poésie, du spoken-words, des chansons datant des débuts du groupe et des reprises d’artistes ayant inspiré le groupe. Le succès est tel que la galette est considérée comme la meilleure production du groupe.

“A view from Within.” L’un de leurs nombreux hommages au Japon.

De ce succès naquit “Sacred Kind of whispers”, sorti le 7 Juin 2013. Il a la particularité d’être sorti uniquement en vinyle dans sa version physique. Par la suite, le groupe ayant acquis une grande notoriété va continuer son bonhomme de chemin en faisant ce qu’il a toujours su faire : créer, créer et encore créer : “Between Illness and migration” en 2013, dont la chanson  “I just want you to know” commence à passer en rotation sur la radio Montréalaise CHOM-FM. Les chroniques dédiées au groupe s’intensifient la même année. Le très connu magazine Britannique Kerrang, consacré au rock et au heavy- metal, attribue au groupe une note de 4 étoiles sur 5 pour “Between Illness and Migration”. Ce même opus qui recevra une nomination aux prix Juno 2015 dans la catégorie “Album Rock de l’Année”, aux côtés de Sam Roberts Band, Arkells, The Glorious Sons et Big Wreck. Sur sa lancée, YFE sort “Tokyo Sessions” le 17 juin 2016. Une nouvelle interprétation des précédentes versions de l’album “Between Illness And Migration”. L’édition deluxe inclut une version réinterprétée des 12 chansons figurant sur la version originale, ainsi que les versions radio des singles “123 (One Step Away)”, “A View From Within”, “I Just Want You To Know”, et “Where Did We Lose Each Other” en chansons bonus. Cet opus ne tarde pas à séduire et rafle les honneurs en figurant dès ses débuts en sixième position des ventes “Soundscan” au Canada.

“Where did we lose eachother ?” La sélection du chef.

Pourquoi un succès si fulgurant ?  Peut-être parce que les YFE font partie de ces rares groupes qui travaillent encore avec deux qualités indispensables et communicatrices :  de l’âme et du coeur! Deux qualités devenues trop rares de nos jours. Les mélodies aériennes qu’ils nous donnent la chance de déguster avec eux depuis maintenant onze ans résonnent dans notre tête comme des leitmotivs enivrants. Pour les aficionados du groupe comme pour les autres, c’est une drogue douce à consommer sans modération.

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire